Tribunal de Cotonou : un détenu poursuit l’INF pour immixtion présumée dans le fonctionnement des juridictions
L’ex-directeur adjoint de l’École doctorale des sciences agronomiques, Marcel Houinato, a porté plainte contre l’Institut National de la Femme (INF) et trois autres mis en cause. Il les accuse d’immixtion dans le fonctionnement des juridictions et de complicité de harcèlement par le biais d’un système informatique.
Vêtu de son gilet de détenu, le plaignant s’est présenté devant le tribunal de première instance de Cotonou ce mercredi. L’universitaire, condamné en première instance à dix ans de prison dans une affaire présumée de viol, a fait appel de cette décision.
À l’audience de ce 20 mai 2026, le ministère public a requis le versement d’une caution de trois millions de francs CFA par la partie civile, avant l’ouverture des débats au fond.
« C’est scandaleux ! », a protesté Me Olga Anassidé, l’une des avocates du plaignant, dénonçant le montant exigé. « Les cautions n’ont pas vocation à empêcher les justiciables de se faire entendre », a-t-elle déclaré.
Malgré les protestations des conseils du plaignant, le juge a suivi les réquisitions du parquet. Marcel Houinato dispose désormais jusqu’au 1er juillet 2026, pour apporter la preuve du paiement de cette caution.
L’Institut National de la Femme était représenté à l’audience par Me Nelson Hans, substituant Me Bachard Liamidi.
Pourquoi l’INF attaque-t-il l’INF en justice ?
Au cœur de cette procédure, une déclaration (vidéo) de la secrétaire exécutive de l’Institut National de la Femme, relative à la condamnation en première instance du professeur Marcel Houinato, publiée sur les réseaux sociaux.
Pour la partie civile, cette communication pose problème dans la mesure où le dossier est actuellement pendant devant la cour d’appel.
Le dossier étant en appel, «signifie que les juridictions nationales n’ont pas fini de se prononcer sur ce cas. En parler d’une certaine manière peut tomber sous le coup de la loi, sous l’incrimination d’immixtion dans le fonctionnement des juridictions », déclare Me Olga Anassidé, à la fin de l’audience.
Autrement dit, les avocats du plaignant estiment que cette publication pourrait porter atteinte au principe de la présomption d’innocence, alors que la procédure judiciaire suit encore son cours.
Contacté par Bip Radio, Me Bachard Liamidi, le conseil de l’Institut National de la Femme a préféré ne pas réagir à ces accusations. Sans entrer dans le fond du dossier, il a confirmé que la procédure porte sur cette publication, préférant réserver sa ligne de défense pour la suite des débats.



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