Procès de Me Magloire Yansunu : le dossier renvoyé au 27 avril 2026.
Me Magloire Yansunu a comparu, ce lundi 20 avril 2026, devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET). Une audience marquée par un moment inédit : le versement, séance tenante, de six millions de francs CFA à l’une des victimes.
Un avocat chevronné dans le box des accusés
L’image a frappé les esprits. Me Magloire Yansunu, 78 ans, habitué à arpenter cette même salle d’audience dans sa robe d’avocat, s’est présenté à la barre vêtu d’un gilet de prisonnier. Interrogé par le juge sur les faits d’abus de fonction et de blanchiment de capitaux retenus contre lui, il a plaidé non coupable. Une chaise lui a été aménagée pour la suite des débats, qui ont duré plus de deux heures.
Deux victimes, deux dossiers de licenciement
Premier à témoigner, ce client de Me Yansunu réclame environ 500 000 francs CFA dans le cadre d’un dossier de licenciement abusif. Il estime ne pas avoir perçu l’intégralité des fonds récupérés en son nom. La défense oppose que la somme retenue correspond aux honoraires de l’avocat. Le plaignant a fermement contesté cette version jusqu’au bout de sa déposition, précisant que Me Yansunu avait déjà prélevé ses 20 % sur la somme de 1 894 000 francs CFA, versée par l’ancien employeur.
Second plaignant : un exploitant agricole
Le second plaignant accuse Me Yansunu d’avoir dissimulé la perception de fonds versés par son employeur, la société Colas, à hauteur de plus de 18 millions de francs CFA. Après avoir saisi le bâtonnier, Me Yansunu avait déjà restitué près de 3 millions. Ce lundi, le fils du plaignant — représentant son père, empêché pour raison de santé, réclame près de 10 millions supplémentaires. La défense a, de nouveau, invoqué des honoraires liés à deux dossiers distincts. Mais le représentant de la victime a été clair : il ne s’agit pas d’une contestation d’honoraires, mais d’un défaut de transparence sur des fonds perçus, sans information préalable du client.
Six millions remis en pleine audience
Dans ce contexte, et en cohérence avec la décision déjà rendue par le bâtonnier, un règlement partiel de 6 millions de francs CFA a été proposé au fils du plaignant. Celui-ci a accepté. La somme lui a été remise séance tenante, dans la salle d’audience.
La défense a sollicité une mise en liberté provisoire pour Me Yansunu. Le substitut du procureur, visiblement saisi, a confié que l’affaire l’a bouleversé, avant de requérir un renvoi à bref délai pour formuler ses réquisitions. Le dossier a été renvoyé au 27 avril 2026.

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