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Accusé de vol, il finit séquestré avec une corde au cou chez un charlatan

Un commerçant nigérian et l’un de ses amis ont comparu, ce mercredi 13 mai 2026, devant le tribunal de première instance de Cotonou pour des faits présumés de violences et voie de fait.
La victime, un employé accusé de vol par son patron, réclame trois millions de francs CFA de dommages et intérêts.

Selon les débats à l’audience, tout est parti d’un soupçon de vol. Convaincu que son employé lui avait dérobé de l’argent, le commerçant aurait préféré recourir à des pratiques traditionnelles plutôt que de saisir la justice.

Sur les conseils d’un ami, il conduit alors son employé chez un charlatan à Porto-Novo. Le présumé guérisseur aurait promis d’identifier le voleur grâce à un rituel impliquant une corde placée autour du cou du suspect. Selon les explications données à la barre, la corde devait se resserrer d’elle-même si la personne était coupable.

Mais une fois sur place, les choses dégénèrent. Pris de doute, le patron demande finalement la libération de son employé. Le charlatan s’y oppose.
Le fils de ce dernier aurait alors ligoté la victime, lui attachant une corde au cou avant de la retenir contre son gré du samedi au lundi.

À la barre, le commerçant a reconnu les faits, affirmant avoir agi de bonne foi, persuadé que le rituel ne causerait aucun mal à son employé.
La défense plaide l’ignorance, évoquant des pratiques ancestrales encore répandues dans certaines communautés.

Le ministère public a toutefois rejeté cet argument. Estimant les faits particulièrement graves, le parquet a demandé une requalification en violences et voie de fait.

Contre le patron, le ministère public a requis trente-six mois de prison, dont vingt-quatre fermes, ainsi qu’une amende de cinq cent mille francs CFA.
Son ami encourt quant à lui vingt-quatre mois de prison avec sursis et deux cent mille francs CFA d’amende.

Concernant les dommages et intérêts réclamés par la victime, le parquet s’est dit favorable à une indemnisation, mais ramenée à cent mille francs CFA.

Le délibéré est attendu le 27 mai 2026.

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